On doit cette merveilleuse théorie à Tonton "Chuck Norris" Festinger, en 1954 et puis encore un peu plus tard, en 1971.
La comparaison sociale désigne le processus par lequel l'individu évalue ses opinions/attitudes et ses aptitudes en se référant à autrui. Plus exactement dans les situations où l'individu n'est pas sûr de la justesse de ses opinions ou de la qualité de ses aptitudes, il opère une comparaison afin d'obtenir une estimation mais également dans l'éventualité de s'ajuster aux normes ambiantes. Le processus de comparaison sociale est déclenché par un état d'incertitude et vise à rétablir la certitude et à aboutir ainsi à un état d'équilibre.
En d'autres termes, quand on n'est pas sûr de son niveau, ou de la justesse/pertinence de ses attitudes, on se réfère aux autres autour de nous, et on s'ajuste par rapport à eux. C'est dire le poids conséquent du milieu sur la construction du Soi, l'Estime de Soi, la Clairvoyance Normative, l'intégrations de normes, de comportements et j'en passe ... Attention, ça ne veut pas dire qu'on adopte systématiquement les comportements et attitudes des autres, mais qu'on se mesure à cet échelon.
En gros, ça explique pourquoi le Premier de la Classe qui débarque en Prépa se sent idiot, bête, peu compétent et se tape une bonne vieille dépression des familles. Joie, n'est-ce pas ? Le processus n'est pas sans lien avec la Clairvoyance Normative par ailleurs, qui permet de savoir quelles sont les normes à suivre dans le contexte social dans lequel on évolue.
On appelle Champ de Comparaison l'ensemble des individus auxquels le sujet peut se comparer.
On appelle Champ de Référence l'ensemble des individus auxquels le sujet se compare effectivement: les individus les plus semblables à lui (ou, dans le cas de la conservation de l'Estime de Soi, les individus avec lesquels la comparaison est favorable au sujet: comparaisons ascendantes).
Ainsi, on se compare aux gens de notre age, ayant notre niveau, ayant autant t'entrainement, et non pas à un Sensei 7ème Dan (grand maître en arts martiaux).
Si le Groupe de Référence a des attitudes ou des comportements éloignés de ceux du sujet, ce dernier entre dans une sorte de Dissonance Cognitive qu'il va tenter de réduire, dans le but de conserver une stabilité:
- en se rapprochant de ses individus et de leurs attitudes/comportements ( cas des attitudes et des opinions)
- en faisant se rapprocher les autres de ses propres attitudes/comportements
- en réduisant encore son Champ de Référence aux quelques individus plus proches de lui (cas des aptitudes et comportements: il y a des choses que notre corps ne peut pas faire, contrairement à nos pairs. Comme Batman au milieu de la Ligue des Justiciers)
Les conséquences sont nombreuses et diverses:
- Recherche d'un consensus dans les groupes, pression sur les individus aux opinions divergeantes
- La Compétition n'existe que si elle est possible
- Les individus cherchent soit à se plier au consensus, soit à convaincre les autres
Applications:
- Il est parfois utile de connaître les opinions divergeantes, il faut donc savoir qu'en groupe, les individus se sont souvent pliés au consensus et ont intégré les attitudes du groupes. Il faut parfois isoler l'individu, le valoriser et lui permettre une expression plus libre.
- Pour créer un esprit de compétition émulant, il faut un pool d'individus de niveaux équivalents ou presque, sinon, on risque de décourager et d'empêcher toute compétition.
- Mettre ses collaborateurs en situation de Comparaison Sociales diverses permet de leur donner une meilleure appréciation de leurs compétences: auprès de techniciens, de spécialistes de leurs propres domaines ou d'autres domaines, de collègues, de concurrents. Ils seront peut-être plus humbles, plus conscient de leurs points forts et de leurs faiblesses. Usefull.
* Festinger, L., (1954, 1971 pour la version française), Théorie des processus de comparaison sociale, in : Faucheux et Moscocvici, (Ed.), Psychologie sociale théorique et expérimentale, Mouton, 77-104.













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